Patrice Delaune


Delaune 1

La ferraille, passionnément




Patrice Delaune ne l’explique pas, il le vit...

Intensément, impérieusement, indispensablement !



Petit, il a commencé à s’exprimer comme les autres enfants de son âge, en faisant de la pâte à modeler, du dessin et de la peinture. Les années passent... Une formation en mécanique le met au contact du fer, c’est la révélation ! À partir de ce jour, son destin sera scellé à tout jamais à celui de « dame ferraille », pour le meilleur...

 

Mené par le bout des doigts


Sa matière première, de simples morceaux de métal usagés glanés de-ci de-là au hasard de ses déambulations, il la veut « ayant déjà eu un parcours dans le monde de l’humanité, avec un vécu, un passif, une souffrance...J’essaie de faire du beau avec du rebut ».


Au sujet de sa technique, il déclare très humblement : « la matière décide pour moi ! ». À l’instar des surréalistes qui utilisaient « l’écriture automatique » comme un « procédé créatif littéraire se soustrayant à tout contrôle rationnel, sorte de surpassement du réel », Patrice Delaune est mené par le bout des doigts par sa « bien aimée » : « je pars au hasard d’une pièce qui m’inspire, elle-même trouvant son alter ego parmi d’autres, sans aucune planification préalable.


La seule règle est le support de la technique, il faut un équilibre esthétique et mécanique, c’est le B.A.BA ! ».

Aussi, ses interventions se limitent-elles à quatre actions en tout et pour tout : nettoyage, découpage, cintrage à chaud et patine, afin de préserver l’authenticité du matériau.

 

« Griffeur d’espace »


Parfois, l’artiste se livre un peu plus... « On est sur l’ombre, la lumière, le concave et le convexe, mon type de travail est relativement agressif dans sa représentation. Mon empreinte est là, je « griffe l’espace » ! On est sur du métal, pas du marbre ou du bronze, ce n’est pas de la sculpture « en caresse », on la regarde mais on ne la touche pas, ce serait trop simple ! Au niveau du style, je suis passé du figuratif à l’abstraction, même si on peut encore voir une forme humanoïde à certaines de mes créations. Là aussi, les choses sont venues de façon naturelle et évolutive, rien n’a été décidé, calculé... ».

 

Un besoin vital 


Enfin, quand on lui demande un mot pour définir son rapport à la sculpture, la réponse jaillit, comme une évidence : « c’est indispensable ! La sculpture est un besoin vital, au sens propre du terme, comme respirer, boire, manger... C’est une passion, ma soupape de sécurité ! Quand cela me prend, il faut que je le fasse, il faut que cela sorte, d’une façon ou d’une autre, bien ou pas bien... Je ne peux tout simplement pas vivre sans ! ».

 

 

Sylvie PUILLANDRE.2015





patrice delaune
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